Slaughterhouse: Slaughterhouse

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Ils ne sont pas de la même ville, n’ont même pas été sur les mêmes labels, et n’étaient pas forcément prédestinés à se rencontrer, mais,  quand on dit « les grands esprits se rencontrent », ça doit être la même chose pour les lyricistes de talents, ou en tout cas, pour c’est quatre là. C’est vrai que Joell, Joe, Royce et Crooked sont dans le game depuis près d’une dizaine d’année, même plus pour certains, et s’ils n’ont pas tous eux la chance de vraiment briller, comme ils auraient dus, en solo, mais leurs skillz sont indiscutables, et réunis sous une même bannière, leur association ressemble à une dream team. Reste à voir s’ils sont capable de réussir là où beaucoup de super-groupes ont échoués, nous fournir un album vraiment solide.

Dans l’histoire du rap, de The Firm à The 4 Horsemen, on a souvent eu des réunions alléchantes, sur le papier, de rappeurs de talents mais peu ont su concrétiser les espoirs placés en eux. Slaughterhouse veut éviter ça, et le quatuor débute les hostilités avec l’époustouflant Sound Off ,ou ils prennent le mic, à tour de rôle, pour se (re)présenter, et enchainent des flows de folies, démarrant chacun  son couplet assez lentement et accélérant au fur et mesure de leur performance, avec une mention spéciale pour Ortiz et Royce vraiment surprenants sur celui-ci.
Mais ne croyez pas que les deux autres sont en retrait, ici, tout le monde trouve sa place, et surtout chacun est à fond pour nous donner des sons brutaux comme Lyrical Murderers, un ego-trip meurtrier, ou le bangin Not Tonight.

On sent aussi qu’il y a eu une vraiment concertation entre les MCs, et ce n’est pas juste un assemblage de verses, le travail en commun se ressent, et leur association les rend encore plus dangereux comme le prouve des titres puissants tel un Microphone, parlant de leur attachement pour leur instrument de travail sur une instru de glaciale et délectable The Alchemist, Salute avec Pharoahe Monch, qu’on aurait aimé entendre un peu plus que sur un refrain, ou encore le létal Killaz.

Et ils ne se limitent pas à une exhibition de flow, ils y mettent aussi la forme avec assez de variété dans les thèmes et beats choisis,  en témoigne des titres comme Onslaught 2 ou The One, avec The New Royales, dans un style libre, ou Rain Drops, avec Novel, et l’excellent Pray (It’s A Shame) dans un registre plus personnel, mais aussi bien manié par le groupe.

Intense d’un bout à l’autre, ils nous mettent dans l’ambiance des la première seconde, et ne relâchant pas la pression jusqu’à la dernière de cet opus, Slaughterhouse n’est vraiment pas loin du sans faute, et ils le doivent aussi au choix des prods avec notamment de gros beats par StreetRunner, Emile produisant un quart de l’album à deux, et aussi grâce au taff de Mr Porter, RealSOn ou DJ Khalil.

Avec ce premier projet, Slaughterhouse fait mouche, et il n’y a pas grand chose à leur reprocher. Peut-être un titre, Cuckoo, qui est un peu en deçà du reste, à cause d’un beat limite nauséeux, mais c’est un  des rares points noirs de l’album, avec les skits inintéressantes et totalement inutiles.

Pour le reste, avec des beats patates, et quatre lyricistes en phase et au sommet de leur art, Slaughterhouse est tout simplement un premier album génial.

4.5/5

Keezy Carter

www.rapcypher.com

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