Jadakiss: The Last Kiss

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Depuis les débuts de The Lox, Jadakiss a toujours était vu comme la perle rare du groupe, et on a pu voir une partie de son talent avec ses 16s au sein du trio de Yonkers, ses featurings et même quelques titres solos, expliquant aussi que le garçon n’était pas arrogant sans raison. Pourtant, après deux albums solos de qualité, Kiss the Game Goodbye en 2001, et The Kiss of Death en 2004, on se demande s’il nous donnera un jour l’album à la hauteur de tout son talent. Et ici, comme pour les précédents, il a toutes les cartes en main. Passé de Ruff Ryders/Interscope à Rocafella/Def Jam, avec le temps nécessaire à l’élaboration de son projet, une bonne promo, et quelques délais de sortie, le terrain est définitivement propice à la sortie de The Last Kiss, troisième album du leader de The Lox, mais le fils prodige du rap New Yorkais est-il enfin prêt à nous donner ce qu’on lui demande ?

Ces deux premiers solos n’étaient pas mauvais. Ils manquaient définitivement de direction et de fond, pourtant déjà sur ces deux la, il avait tous ce qu’il fallait, des gros featurings, des grands noms à la prod et Jadakiss y délivrait des rimes et des punchlines de ouf, comme il l’a d’ailleurs toujours fait, mais ce petit manque fait que cinq ans après le dernier, on les a presque oubliés, alors que Jada aurait pu en faire des classiques.

Et depuis The Kiss of Death, Jadakiss n’a pas changé, il ne semble jamais à cours de rimes et la suivante démonte toujours plus que la précédente, nous servant de gros sons comme Can’t Stop MePain & Torture, le violent Come and Get Me, avec S.I et Sheek Louch, ou encore le plus introspectif Things that I’ve Been Through, ou il retrace son parcours dans le rap game sur un bel instru de Mr Porter. Kiss est égal à lui-même, confiant comme jamais dans la cabine, il rap toujours avec autant d’aisance et partage aussi facilement le micro. Les invités sont nombreux et il y a du beau monde pour de superbes collabs tel celle avec Ghostface Killah et Raekwon, Cartel Gathering, What If avec Nas, ou encore One More Step, un échange de rimes, en va et vient, dangereux avec Styles P. On bien sur aussi le droit à quelques crossovers R&B dont les géant Grind Hard avec Mary J Blige, et Smoking Gun, une hymne aux femmes indépendantes, avec Jazmine Sullivan. Les invités sont de tailles, et au niveau, accompagnant parfaitement Kiss, mais certaines collaborations n’étaient cependant pas nécessaire, comme Who’s Real, on se demande ce que OJ da Juiceman vient faire la, et la prod de Swizz à un gout de déjà vu.

Et ce n’est pas la seule déconvenue, si Who’s Real manque d’originalité, Rocking With the Best, un son smooth sur lequel Jada utilise sa tchatche pour séduire, nous donne la même impression de vide, que l’on retrouve encore à l’écoute d’un Stress Ya, Jadakiss y crache quelques bonnes rimes mais l’instru des Neptunes ne séduit pas forcément.

D’ailleurs, c’est la ou ça pêche, s’il y a de très bonnes prods, avec notamment une mention spéciale pour The Inkredible, Neo da Matrix, Don Cannon, Chophouse et quelques autres, ça part un peu dans tous les sens et c’est surement le problème majeur de The Last Kiss, Jadakiss aurait peut-être plus eu intérêt à travailler avec juste deux ou trois beatmakers, au lieu de la quinzaine présente ici pour donner un produit plus cohérent.

Car au final, il retombe dans les mêmes travers qu’avec ces précédents opus. Jada brille mais à trop jouer la carte de la diversité, pour vendre tout en parlant à la rue, il s’éparpille trop, et son album fini par manquer de substance. The Last Kiss est au dessus de la moyenne mais honnêtement, il ne va pas plus loin que les deux autres,  Jadakiss est un des rappeurs le plus talentueux de sa génération, et il le sait, c’est peut-être pour ça qu’on à l’impression qu’il ne pousse jamais à fond, il sert de très bons cuts mais rien d’assez consistent pour faire de The Last Kiss un album marquant les esprits.

3.5/5

Keezy Carter  pour Rapcypher.com

 

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